Genève doit rester la capitale de la paix
Un lecteur rappelle les racines genevoises de la neutralité helvétique. L’auteur oppose la vocation humanitaire de la Suisse à son rapprochement avec l’OTAN.

Que penseraient Pictet de Rochemont, Capo d’Istria et Henry Dunant de l’initiative pour la sauvegarde de la neutralité?
Les deux premiers furent les artisans de l’ancrage de la neutralité suisse dans le droit international. Grâce à leurs efforts diplomatiques, les puissances européennes reconnurent, en 1815, la neutralité perpétuelle de la Suisse. L’initiative reprend cette formulation historique et l’adapte aux réalités du XXIᵉ siècle. Aujourd’hui, les sanctions participent aux nouvelles formes de confrontation entre États et leurs conséquences pèsent souvent lourdement sur les populations civiles.
Croix-Rouge
Henry Dunant, quant à lui, témoin des horreurs de la bataille de Solférino, donna à la neutralité une traduction humanitaire: porter secours aux blessés sans distinction de camp. Le Comité international de la Croix-Rouge étendit ensuite cette mission à la protection des prisonniers de guerre et à la défense du droit international humanitaire. Dès l’origine, sa vocation fut de panser les plaies de la guerre; celle de la Confédération doit être de contribuer à prévenir les conflits. Ces deux vocations sont indissociables.
Ces grands Genevois seraient-ils aujourd’hui satisfaits de voir la Suisse se rapprocher toujours davantage de l’Alliance militaire transatlantique ? On comprend que les militaires soient sensibles au bruit des bottes: la préparation au combat est leur métier. Mais Genève, capitale mondiale de la diplomatie, du dialogue et de l’action humanitaire, porte depuis plus de deux siècles une autre ambition: prévenir les conflits plutôt que s’y préparer. Le 27 septembre, les Genevois auront l’occasion de le rappeler.
