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14 juillet 2026

Jean Capodistrias | Médiateur des cantons, promoteur de Genève et artisan de la neutralité suisse

Un diplomate étranger au cœur de l’histoire suisse

Peu de personnages ont autant contribué à l’établissement de la Suisse moderne que Jean Capodistrias. Pourtant, celui-ci naît en 1776 à Corfou, une île alors sous contrôle de la République de Venise. La Grèce continentale appartient, elle, à l’empire ottoman. Successivement médecin, commandant militaire, puis diplomate russe, il est envoyé en Suisse par le Tsar pour aider les cantons à refonder la Confédération. En effet, libérée des armées napoléoniennes, elle doit trouver sa place entre les grandes nations sans tomber dans le joug de l’une ou de l’autre.

Il évite l’éclatement de la Confédération

Capodistrias va commencer par réunir les Suisses. Ceux-ci se déchirent en effet entre anciens et nouveaux cantons, conservateurs et libéraux, fédéralistes et centralisateurs. Trois siècles et demi après Nicolas de Flue, l’envoyé du Tsar réunit les Suisses autour d’un projet : la Diète se réunit et s’accorde sur le Pacte fédéral du 7 août 1815. Neuchâtel, Valais et Genève sont inclus dans la Confédération. Certes, Capodistrias parlera lui-même de « 22 souverains et à peine une Suisse » ; il faudra encore la guerre du Sonderbund pour que les cantons s’accordent sur une constitution et une armée commune, mais les bases sont posées. Capodistrias en est un des principaux artisans.

Il définit les frontières de Genève

En 1815 toujours, Capodistrias se rend au Congrès de Vienne. Il permet que celui-ci reconnaisse la Confédération des 22 cantons, mais certaines frontières doivent encore être définies. C’est le cas de Genève, coupé des autres cantons par Versoix. Qu’à cela ne tienne, il s’assure que la France et la Savoie cèdent les terres qui permettront d’établir une frontière commune avec Vaud. Nouvelle réussite du diplomate en faveur de l’unité de la Confédération.« C’est une vraie perle d’honnêteté et de pureté, comme de talent », écrit son ami Pictet de Rochemont, envoyé de Genève.

Il ancre la neutralité suisse dans le droit international

Avec l’aide de ce dernier, Capodistrias va à présent proposer au Congrès une déclaration de neutralité de la Suisse. L’Autriche, la France, la Grande-Bretagne, le Portugal, la Prusse et la Russie « reconnaissent et garantissent sa neutralité perpétuelle » pour la première fois dans un traité international. Genève et Lausanne décernent à l’envoyé du Tsar la bourgeoisie d’honneur. À ce jour, un quai le long de l’Arve porte le nom de Capo d’Istria (orthographe litigieuse !) et un buste de Kapodistrias (graphie grecque) orne le port d’Ouchy.

Architecte de l’Europe, destin national et épilogue tragique

Capodistrias continue alors ses efforts en faveur de la paix en Europe. Préfigurant une certaine forme de coopération internationale, il contribue à mettre en œuvre la Sainte-Alliance entre les « nations chrétiennes » (Russie, la Prusse, l’Autriche et la France), puis la Quadruple-alliance, militaire cette fois (1818), et qui inclut l’Angleterre. Au terme de sa carrière de diplomate, Capodistrias se retire à Genève pendant cinq ans et œuvre à l’indépendance de la Grèce. Il collecte des fonds pour les insurgés, qui déclarent l’indépendance en 1822. Cinq ans plus tard, l’Assemblée nationale grecque élit Capodistrias président. Il s’emploiera désormais à unifier son propre pays après avoir tant œuvré pour le nôtre.

À lire : Bridget Dommen, Jean Capodistrias, Artisan de la neutralité suisse et père de l’Indépendance grecque, Cabédita, 2018.

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